défaveur


défaveur

défaveur [ defavɶr ] n. f.
XVe; de dé- et faveur
Perte de la faveur, de l'estime; disposition défavorable. décri, discrédit, disgrâce. S'attirer la défaveur de l'opinion, du public. défiance, hostilité, inimitié. Homme politique en défaveur. décote. Être en défaveur auprès de qqn. « j'étais indépendant, j'étais sans fortune et poète, triple titre à la défaveur » (Vigny). ⊗ CONTR. Faveur.

défaveur nom féminin Perte de la faveur ou de l'estime dont on jouissait ; discrédit : Un auteur tombé en défaveur.défaveur (synonymes) nom féminin Perte de la faveur ou de l'estime dont on jouissait ;...
Synonymes :
- déconsidération
- discrédit
- disgrâce
- mésestime
Contraires :
- grâce
- popularité

défaveur
n. f. Disgrâce, perte de la faveur. être en défaveur auprès de qqn.

⇒DÉFAVEUR, subst. fém.
A.— Vx. Fait d'être privé de la faveur dont on est l'objet, généralement auprès d'une personne influente ou considérée comme telle. Subir une défaveur; tomber, être en défaveur auprès de qqn; mettre qqn en défaveur. Synon. disgrâce. Le fils de Lasthénès se leva sans paroître ému de la défaveur de César, des bassesses des courtisans et des clameurs de la foule (CHATEAUBR., Martyrs, t. 3, 1810, p. 17).
En partic. Plus Octavie déployait d'esprit, plus son amant se montrait froid et terne. Octavie avait fini par découvrir la cause de sa défaveur (BALZAC, Illus. perdues, 1843, p. 519).
B.— Usuel. Disposition défavorable de quelqu'un vis-à-vis de quelqu'un ou de quelque chose. Une apparente défaveur; attirer, encourir la défaveur de qqn; faire l'objet d'une défaveur; un moment de défaveur. Anton. faveur. La popularité ne va jamais sans la défaveur. L'amour des esclaves est toujours doublé de la haine des maîtres (HUGO, Cl. Gueux, 1834, p. 162).
En partic.
1. Vieilli. Attitude ou comportement défavorable envers quelqu'un. Un traitement de défaveur; recevoir qqn avec défaveur; frapper qqn de défaveur. Pendant les brèves conférences avec le roi de Bohème, Philippe VI n'avait pas demandé l'assistance de Robert, ce qui pouvait être interprété comme un signe de défaveur (DRUON, Lis et lion, 1960, p. 255).
2. Appréciation défavorable (de quelqu'un, de quelque chose). Juger avec défaveur; jeter, répandre, verser (de) la défaveur sur qqn ou qqc.; afficher une défaveur pour qqc. Synon. déconsidération, mépris. L'autorité du prince est en défaveur auprès de l'opinion (STAËL, Consid. Révol. fr., t. 1, 1817, p. 74). En quoi donc l'alchimie mérite-t-elle la défaveur de fausse science qui s'est attachée à son nom? (BLONDEL, Action, 1893, p. 72) :
La Bruyère emploie le mot industrie, je crois, avec défaveur, une légère défaveur, une défaveur naissante qui a pris tout son mauvais sens dans l'expression chevalier d'industrie.
RENARD, Correspondance, 1883-1910, p. 321.
Prononc. et Orth. :[]. Ds Ac. 1694 et 1718, s.v. defaveur; ds Ac. 1740-1932 sous la forme mod. (cf. dé-). Étymol. et Hist. XVe deffaveur « discrédit, disgrâce » (Lettre du roi René d'apr. DELB. Matér. ds DG); av. 1573 (MICHEL LHOSPITAL, Traité de la reformat. de la justice, Œuv. inéd., I, 225 ds GDF. Compl.). Dér. de faveur; préf. dé-.. Fréq. abs. littér. :69.

défaveur [defavœʀ] n. f.
ÉTYM. XVe, deffaveur; de 1. dé-, et faveur.
1 Perte de la faveur, de l'estime; disposition défavorable (à l'égard de qqn, de qqch.). Décri, discrédit, disgrâce. || La défaveur d'un prince, d'un ministre, du gouvernement (à l'égard de…), leurs dispositions défavorables. || S'attirer la défaveur de l'opinion, du public. Défiance, hostilité, inimitié; déplaire, déprécier (se). || Tomber dans une cruelle défaveur. || Défaveur passagère ( Éclipse). || Une certaine défaveur s'attache à ce genre de spectacle. || Une « preuve publique de défaveur » (E. Zola).
1 Une société qui n'était pas de celles que la faveur attire et que la défaveur éloigne.
Marmontel, Mémoires d'un père…, X.
2 La défaveur est moindre que la disgrâce : elle consiste seulement à être malvoulu, et encore passagèrement peut-être, à n'inspirer plus ce goût de prédilection, cet intérêt particulier qui fait le favori (…) Un écrivain est en défaveur (mais non pas en disgrâce, ce serait trop dire), quand ses écrits ne sont plus goûtés ou accueillis du public avec une disposition favorable ou bienveillante.
Lafaye, Dict. des synonymes, Défaveur, disgrâce.
3 J'étais indépendant d'esprit et de parole, j'étais sans fortune et poète, triple titre à la défaveur (…)
A. de Vigny, Journal d'un poète, p. 56.
Loc. En défaveur. || Être en défaveur auprès de qqn. || Tomber en défaveur.
4 (…) la plupart des badauds — j'étais un de ceux-là — venus pour voir le peloton des derniers partisans d'une cause alors bien en défaveur, regardaient avec un discret amusement les obstinés de la vieille garde, du dernier carré.
Georges Lecomte, Ma traversée, p. 35.
2 Vx ou rare. (Une, des défaveurs). Comportement, appréciation défavorable envers qqn. || Afficher une défaveur pour qqn.
CONTR. Faveur. — Amitié, crédit, estime, grâce. — Popularité, vogue.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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